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<title>Last posts on racines d'europe</title>
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<name>Ratatosk</name>
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<title>Res Publica Europensis</title>
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<updated>2016-05-12T00:05:00+02:00</updated>
<published>2016-05-12T00:05:00+02:00</published>
<summary>        Res Publica Europensis         par Yohann Sparfell         Ex:...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5367056&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://euro-synergies.hautetfort.com/media/02/00/2190018355.jpg&quot; alt=&quot;Romennbbb.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 36pt; font-family: arial black,sans-serif; color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Res Publica Europensis&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt; font-family: arial black,sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot; style=&quot;color: #999999;&quot;&gt;par Yohann Sparfell&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt; font-family: arial black,sans-serif;&quot;&gt;Ex: http://www.in-limine.eu&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #99cc00; font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'esclavage prend de graves proportions lorsqu'on lui accorde de ressembler à la liberté&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Ernst Jünger&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;La modernité a eu pour principe de nous asséner une «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;» qui aurait été l'&lt;em&gt;ultime&lt;/em&gt; vérité: l'humanité aurait atteint ses propres profondeurs en accomplissant son destin. L'histoire serait parvenue à sa fin et nous aurions eu la pleine maîtrise du monde en acquérant la possibilité de le façonner sans limite pour notre usage. Il s'est agit d'une &lt;em&gt;révélation&lt;/em&gt;, d'une forme de «&amp;nbsp;religion&amp;nbsp;», dévoyée, dans le sens où au travers elle nous imaginons un monde issu d'une création&amp;nbsp;; mais d'une création de notre fait, d'une Raison imaginative qui outrepasse le sens de la liberté.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Le Progrès nous a emmené là où nous en sommes actuellement: l'accomplissement de l'humanité, donc en quelque sorte, sa fin, son obsolescence par conséquent. Car en effet, c'est une conséquence dont nous ne pourrions en contester le terme. Le temps fut venu de faire table rase, et d'opposer une prétendue supériorité du post-humain à l'antiquité crasse d'un vieux monde enraciné et... trop humain. La prétendue spiritualité derrière laquelle se cache cet élan maudit de création puis de destruction nihiliste est bien dans l'air du moment, mais plutôt au sens où elle n'est plus attachée à rien, où elle se prend d'une irrésistible envie de voler entre les nuages des rêves de puissances et des désirs de se prendre pour Dieu. Mais alors, est-ce encore une spiritualité&amp;nbsp;? Cela en tient lieu à partir du moment où elle tâche de nous «&amp;nbsp;élever&amp;nbsp;» vers une croyance envers un monde où l'homme, sans limite, aurait la maîtrise de tout ce qui l'entoure, de lui-même, de sa propre vie comme de sa mort. Mais il faut bien distinguer la croyance du mirage. Et la spiritualité des temps postmodernes, aboutissement de la modernité «&amp;nbsp;libérée&amp;nbsp;» des croyances et des dogmes surannées, n'existe qu'en rapport au mirage, parce qu'elle ne pose d'emblée aucune limite à son champs d'action, à sa tendance à fonder un monde-exutoire pour l'individu «&amp;nbsp;libéré&amp;nbsp;». Une spiritualité qui rend honneur aux instincts insatiables de l'homme, qui tend à l'abaisser et non à l'élever, bref, une spiritualité à l'envers. Nous pourrions dire à son propos qu'elle n'est donc pas liée à une espérance céleste de l'homme, qu'elle ne se situe pas sur les sommets, mais a contrario au sein des profondeurs liquides où tout se mêle, se confond, et où rien d'autre ne compte que l'illusion d'une indépendance conquise au prix du sang des peuples de l'Europe qui a porté pourtant en son sein, originellement, un tout autre &lt;em&gt;humanisme&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;En sacrifiant à une «&amp;nbsp;spiritualité&amp;nbsp;» dévoyée, à un «&amp;nbsp;humanisme dévergondé&amp;nbsp;», l'on pèche effectivement par excès, et l'on met en péril l'âme et l'équilibre de notre civilisation et, aussi, la terre qui la porte depuis des millénaires&amp;nbsp;: l'Europe. Comment pourrions-nous sauver, en la réaffirmant, cette civilisation qui porte en elle l'espoir sans fin d'un humanisme garant de la personne et de sa singularité&amp;nbsp;? En nous y inspirant de nouveau – une fois évacuée le pseudo-humanisme des Lumières et des droits-de-l-homme – afin de prendre goût et passion, de nouveau, pour le soin et le progrès de notre Europe et de ceux qui la font depuis des générations. Mais quelle est cette Europe que nous pourrions fonder si tant est que nous en ayons encore la force&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;La singularité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5367058&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://euro-synergies.hautetfort.com/media/00/00/3341881113.jpg&quot; alt=&quot;Belgique_Bruxelles_Fleche_Hotel_de_Ville_54e91d7f6e52407fb26ac5f7200f5262.jpg&quot; /&gt;À partir du moment où il nous fallut engendrer un monde pour l'homme «&amp;nbsp;libéré&amp;nbsp;» de ses attaches et de ses appartenances, il fallut bien dans le même temps engendrer cet homme lui-même. Si l'homme n'est plus cette créature qui se doit de rendre grâce à son Créateur, en poursuivant sans fin sa quête de vérité, alors il tend à devenir le créateur lui-même, celui d'un monde fait à son image, ou du moins à celle qu'il imagine être la sienne. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Notre monde, celui de la modernité, a ceci d'étrange qu'il est bel et bien &lt;em&gt;le nôtre&lt;/em&gt;, celui issu des délires de nos imaginations idéologiques depuis près de trois cent ans. Mais comme tout ce qui est &lt;em&gt;conçu&lt;/em&gt;, il se devait d'être achevé, de tendre vers une sorte de &lt;em&gt;perfection&lt;/em&gt;. Ainsi le monde est devenu une certitude, rassurante. Il est devenu possible tout à coup de pouvoir le &lt;em&gt;concevoir&lt;/em&gt;, c'est-à-dire de se donner la possibilité d'en extraire toutes les fonctions sous des formes mathématiques – les mathématiques ne sont pas l'expression tout entière de la vérité mais seulement un langage permettant de modéliser la réalité telle que l'on est supposément capable de le faire à un moment donné. Ainsi, le monde est explicable, commensurable, limité. Il devient par conséquent possible d'atteindre la «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;», et enfin pense-t-on de pouvoir se reposer, s'endormir sous les fatras de nos rêves utopiques. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Dans un monde ainsi imaginé, il n'y a plus de place pour l'incertitude, l'intranquilité, la quête de sens. Il n'y a plus qu'une immanence froide au sein de laquelle se doit de se loger l'humain, d'y demeurer. Et c'est ainsi que les demeurés tendent à se ressembler en se rassemblant dans un esprit grégaire. L'&lt;em&gt;individu&lt;/em&gt; est né par le fait qu'il fallait qu'il s'adapte, non pas tant à ses conditions réelles, biologiques, sociales, politiques, mais à des préjugés pour lesquels il tendit à s'uniformiser. Le «&amp;nbsp;tous pareil&amp;nbsp;» fut le nouveau credo d'une modernité qui, de par sa nécessité de rationaliser son espace, et son temps, engagea la création d'un homme-individu d'une espèce bien déterminée. Au nom d'un tel monde, de telles certitudes «&amp;nbsp;scientifiques&amp;nbsp;», que n'avons-nous pas brisé comme espérances&amp;nbsp;? Combien d'étoiles n'avons-nous pas éteintes, étouffées par une «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;» suffocante&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Bien entendu, tout monde humain appelle une certaine normativité des comportements, une certaine homogénéité des mœurs, au nom de principes communs. Mais ceci ne fonde en aucune manière une uniformité du cœur des hommes. Chacun de ceux-ci en effet est invité par notre tradition gréco-chrétienne européenne à une recherche personnelle de la vérité, tout en maintenant le soucis constant d'adhérer à des valeurs civilisationnelles. Le principe de cette adhésion est donc d'assurer et d'accroître idéalement la pluralité des formes personnelles et collectives de quêtes pour la vérité. La vérité n'étant pas définissable &lt;em&gt;en dernier lieu -&lt;/em&gt; par conséquent elle se dérobe perpétuellement lorsque l'on tente de la figer - l'identité ne peut se définir que conditionnellement. Cette dernière n'est qu'une forme que prend une résolution face à la responsabilité qu'a une communauté humaine, dans le temps et en un lieu, d'absorber la diversité sous une nécessité ontologique&amp;nbsp;: celle de la quête de vérité et du maintien de l'espérance dans la vie de cette communauté. L'identité en ce cas est liée à l'émergence et la diffusion de l'énergie émanant de la diversité humaine au sein de l'interrelation formée par la communauté. Tout le contraire d'une identité conçue comme imposition d'une forme d'espérance qui s'apparente bien plus à un destin commun soumettant chaque homme à un but. Dans le premier cas, la dynamique vitale émerge du moyen qu'à l'homme de progresser, dans le second, cette dynamique s'essouffle dans le but imposé. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Ce but nous ramène à l'individu et à ce qui l'identifie à un autre individu&amp;nbsp;: la défense de son intérêt. Au nom de ce préjugé, car c'en est un, nul nécessité ne peut apparaître quant au maintien de la diversité culturelle et personnelle au sein de l'humanité, sinon de façon exutoire – le ressentiment dû à la vue provocante de ce qui paraît différent. L'utilitarisme effrénée pour lequel on a fondé un monde uniforme et figé, et le doute insupportable dans lequel s'enfonce la civilisation postmoderne vis-à-vis de la croyance en la toute-puissance de l'intérêt individuel comme moteur de ce monde, pousse désormais l'individu européen à ne plus croire en lui-même. Il ne peut plus se situer dans une civilisation singulière et devient par là-même flottant, «&amp;nbsp;liquide&amp;nbsp;» comme disait ZigmuntBauman. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Il ne peut en être de même de la personne, enracinée dans une réalité, une civilisation, une certaine forme d'espérance. Il ne peut en être de même de celui pour qui le chemin mérite plus nos attentions que le but à atteindre qui toujours &lt;em&gt;véritablement&lt;/em&gt; se dissipera à mesure que l'on s'imaginera l'approcher. Le monde ne se construit qu'illusoirement d'après nos mythes. S'il était particulièrement courant de le faire en des temps très anciens, aujourd'hui nous le faisons en nous appuyons sur une «&amp;nbsp;raison&amp;nbsp;» disproportionnée, en rejetant toute limite pourtant inhérente à notre réalité. Nous avons mis sur pied un système de pensée inventant un monde à notre usage. Ce monde n'est plus celui de la personne, d'un homme conscient de ses propres limites, mais de l'individu mu par ses seules envies d'avoir la pleine maîtrise sur son destin. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Chaque personne est pour elle-même une parcelle d'absolu, et pour le monde une parcelle de relativité. C'est la raison pour laquelle son accomplissement représente à l'égard de la «&amp;nbsp;personnalité&amp;nbsp;» de Dieu une nécessité, une sorte d'obligation vis-à-vis du reste de la Création – et par conséquent du reste de la communauté dont est membre la personne. Entraver cette liberté, car il s'agit là de la seule et véritable liberté, revient à nier la présence de Dieu dans l'Univers, le monde en Dieu et Dieu en chaque partie du monde. L'accomplissement est la dynamique qui porte le «&amp;nbsp;monde&amp;nbsp;» - l'univers comme les mondes humains – et la personne possède en elle-même cette capacité «&amp;nbsp;naturelle&amp;nbsp;» à pouvoir se déployer, à l'image, inversée, de Dieu &lt;em&gt;par&lt;/em&gt; l'Univers&amp;nbsp;; c'est en cela que l'éducation a un rôle si fondamental et profond au sein d'une civilisation comme la nôtre en Europe et qu'il est nécessaire d'élever au rang de priorité pour sa nouvelle renaissance. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Si l'homme ne prend pas acte de cette nécessité, il n'octroie au monde, par répercussion, qu'une «&amp;nbsp;valeur&amp;nbsp;» insignifiante, et surtout insensée – d'où alors la possibilité d'en &lt;em&gt;exploiter&lt;/em&gt; les ressorts. Le sens que collectivement, en tant que civilisation, nous donnons au monde,&lt;em&gt; à notre monde&lt;/em&gt;, est lié au sort que nous réservons à la personne, au respect, ou non, de sa singularité. De la pluralité des aventures personnelles naît un monde dont les principes, les valeurs, reposent sur la liberté et l'intensité par lesquelles ont pu, et peuvent, s'accomplir ces aventures &lt;em&gt;en harmonie avec toutes les autres&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Des singularités qui ont la faculté de pouvoir s'affirmer, s'épanouir autant que faire ce peut, portées par l'espérance en l'avenir, cela procède d'une singularité générale de cette civilisation qui donne à l'humain une place plus haute, et différenciée par rapport au reste de la Création, que n'apporte aucune autre civilisation. Ainsi en est-t-il de notre civilisation européenne. Au regard de ce principe au moins deux fois millénaire, l'Europe est digne de se donner par elle-même en ce troisième millénaire naissant une organisation sociale, politique et «&amp;nbsp;religieuse&amp;nbsp;» qui la pousse en avant sur la voie de l'espérance et de la puissance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;L'autonomie personnelle et communautaire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;L'homme n'est une personne qu'à partir du moment où il s'intègre, consciemment ou pas - et consciemment est pour le mieux - aux communautés qui lui apportent les soutiens nécessaires à sa propre réalisation. Ces soutiens, quels sont-ils&amp;nbsp;? L'ensemble de ce qui peut lui permettre de s'affirmer parmi les siens (éducation, savoirs, etc) et par la suite, de lui donner l'occasion de saisir ces opportunités de la vie par lesquelles il aura la chance de s'élever par-delà lui-même et ainsi dépasser ses appartenances. Ce dépassement n'est pas une négation. Élever un être humain, ce n'est pas le jeter dans les airs. C'est tout au contraire l'accompagner vers son accomplissement et l'affirmation de sa propre personnalité, irréductible à tout autre. C'est en cela que la personne «&amp;nbsp;dépasse&amp;nbsp;» ses appartenances&amp;nbsp;: par l'&lt;em&gt;assomption&lt;/em&gt; de l'ensemble de ses identités, telles que définies prioritairement plus haut. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Mais un tel paradigme ne peut se concevoir que si l'on se réfère à un certain progrès accompli au sein des communautés humaines. Faire mention à ce moment d'un progrès humain lié à la faculté pour les singularités d'accéder à leur auto-réalisation, c'est de notre part s'attacher à des valeurs qui sont celles de la civilisation européenne&amp;nbsp;: l'homme doit trouver en lui-même les ressources qui lui permettront de se dépasser et de trouver son Salut. Cela implique de ne plus seulement se référer aux mythes fondateurs de notre civilisation, incontournables d'une certaine façon, mais à ce qui fonde l'âme de cette civilisation&amp;nbsp;: la quête pour la vérité. Le monde, tout comme l'homme, comme chaque personne, reste toujours à découvrir, par nous-même, par lui-même, par elle-même. Mais il ne s'avère possible de le faire que si l'on a les pieds bien ancrés sur notre sol, dans la réalité qui nous fonde et peut être à même de nous élever par la suite. La vie est une recherche, de soi-même et de la vérité sur le monde, et il n'est possible de la mener qu'en accédant à une plus ou moins grande part d'autonomie. Et l'autonomie n'est pas l'indépendance, ni l'autarcie. Elle peut se concevoir comme une dialectique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;L'auto-réalisation implique une connaissance préalable de soi, une recherche de la vérité qui n'est pas dirigée uniquement vers l'extérieur de soi, mais aussi vers l'intérieur. Connaissance et vérité, renaître au travers de l'assomption de ce que l'on est véritablement, c'est ce qui stimule l'espérance. C'est aussi ce qui nous porte vers l'autonomie, vers une maturation et l'élévation de l'esprit, vers la possibilité de se désenclaver de sa «&amp;nbsp;gangue&amp;nbsp;» tout en restant soi-même, en bref, d'&lt;em&gt;exister&lt;/em&gt; – &lt;em&gt;ex&lt;/em&gt;, hors, du &lt;em&gt;stare&lt;/em&gt;, immobilité. C'est proprement affirmer son identité personnelle, tout en donnant aux identités collectives qui ont nourri les prémisses de notre humanité la valeur de repères dans le cheminement de la vie - nous ne saurions partir de rien mais toujours d'un «&amp;nbsp;là&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Connais-toi toi-même&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», à condition de pouvoir en permanence se ressourcer à ce qui alimente notre besoin de nous enraciner dans une réalité rassurante&amp;nbsp;: nos communautés d'origine. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;La vérité est unique, mais diverse la façon de l'aborder. Et tant que cette diversité existe, existera aussi l'espérance d'approcher toujours plus de la vérité, pas à pas, munis de notre propre vision du monde. Ainsi armés, nous pouvons avancer sur le chemin de nos accomplissement personnelles, de notre autonomie, tout en enrichissant nos communautés de nos expériences et de nos diversités. En se découvrant soi-même, l'on découvre l'autre, le prochain, ceux de sa race, de son métier, de sa patrie, puis l'on peut alors partir à la découverte du lointain, l'aborder en toute confiance, de soi-même et de ses propres capacités. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #999999;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5367060&quot; style=&quot;float: righ
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<name>Ratatosk</name>
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<title>Jean Haudry répond à Colin Renfrew</title>
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<updated>2011-03-17T00:05:00+01:00</updated>
<published>2011-03-17T00:05:00+01:00</published>
<summary>    JEAN HAUDRY RÉPOND À COLIN RENFREW        &amp;nbsp;           Jean Haudry...</summary>
<content type="html" xml:base="http://euro-synergies.hautetfort.com/">
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-large; color: #ff6600; font-family: arial black,avant garde;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;JEAN HAUDRY RÉPOND À COLIN RENFREW&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-large; color: #ff6600; font-family: arial black,avant garde;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.1pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ffcc00; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes; mso-bidi-font-family: Arial;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600; font-family: arial black,avant garde;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2939470&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://euro-synergies.hautetfort.com/media/00/02/2291399584.jpg&quot; alt=&quot;La_triade.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Jean Haudry est professeur de linguistique à l'Université de Lyon III, membre du Comité Scientifique du Front national et spécialiste de la question indo-européenne. Il a accepté de nous faire part de ses travaux, ainsi que de ses réactions concernant la parution du dernier ouvrage de l'archéologue Colin Renfrew, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;L'Énigme indo-européenne&lt;/em&gt; (1), qui a suscité de nombreuses polémiques...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.1pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.1pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff6600; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;◘&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt; Le Choc : Jean Haudry, retracez-nous votre itinéraire et votre formation univer­sitaire ainsi que les motivations qui vous ont poussé à vous intéresser à la ques­tion Indo-Européenne.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;• Jean Haudry : Je suis de formation classique et un grammairien. De là, je suis venu à la linguistique et à la gram­maire comparée, à la linguistique sur le domaine indo-européen. Je suis pro­gressivement passé de l'aspect pure­ment linguistique des questions au contenu des textes que j'étudiais et de là, à la civilisation, à la culture et à la tradition indo-européenne. Voilà com­ment, après avoir fait ma thèse sur l'emploi des cas en védiques, j'en suis arrivé à m'intéresser à ce que j'ai appelé la religion de la Vérité ou la religion cosmique indo-européenne, bien que je ne sois pas un spécialiste d'histoire religieuse. Quand on étudie des textes, on est forcément amené un jour ou l'autre à vouloir les com­prendre un peu mieux et à ne pas se contenter d'en faire un découpage grammatical.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff6600; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;◘&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt; Pouvez-vous expliquer brièvement à nos lecteurs qui sont les Indo-euro­péens ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;• Les lndo-Européens sont tout sim­plement ceux qui ont parlé l'indo-euro­péen que nous reconstruisons, c'est-à­-dire la langue commune dont sont issues la plupart des langues d'Europe, toutes sauf le basque, le hongrois et le finnois, et un bon nombre de langues d'Asie, notamment celles d'Iran et d'Inde. Toutes ses langues sont appa­rentées entre elles, et issues d'une langue commune, comme les langues romanes sont issues du latin, tout sim­plement. On peut supposer qu'il y avait un peuple ou au moins une communau­té parlant cette langue commune, comme il y avait une communauté lin­guistique latine parlant le latin. La question qui se pose évidemment est de savoir si c'était un État, un peuple ou un conglomérat de gens n'ayant en commun que la langue. II y a deux hypothèses que l'on peut exclure : c'est celle d'un État, car il n'y a pas d'État dans ces périodes reculées et celle d'un conglomérat, parce qu'il n'y a pas de langues qui soient parlées par des gens qui n'ont rien d'autre en commun. Les Indo-Européens sont donc à peu près ce qu'on appelle un peuple. Et il peut y avoir un peuple sans État. Voilà ce qu'on appelle les Indo-Européens.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff6600; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;◘&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt; Quels sont aujourd'hui les polémiques autour de la question indo-européenne ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;• Sur les questions de faits, il n'y a, à ma connaissance, guère de polémiques, mais au contraire un très large accord. Bien entendu, sur un certain nombre de questions ponctuelles, il y a des désac­cords, mais qui n'aboutissent pas à des polémiques. II y a accord tout d'abord sur la notion même de langue indo­-européenne, sur la quasi totalité des points essentiels de phonologie (2), de morphologie, de syntaxe et même de lexique. Or lorsque l'on est d'accord sur tout cela, la reconstruction de la langue est considérée comme quelque chose de sûr. Les divergences com­mencent à apparaître sur la question du peuple, de sa culture, de ses traditions et éventuellement de ses institutions, parce que là, la reconstruction n'est pas directe, mais elle comporte une part d'interprétation. On interprète un cer­tain nombre de mots et on interprète également un certain nombre de textes, de formules héritées et à partir de là, on bâtit des modèles. On peut ne pas être d'accord sur les modèles recons­truits. Par exemple le modèle trifonc­tionnel de Dumézil a mis assez long­temps à s'imposer. Il a été discuté pen­dant longtemps. Ce genre de discussion est parfaitement légitime. S'il n'y avait d'autres discussions que celles là, nous ne pourrions que nous en réjouir. Mal­heureusement, il y en a d'autres qui sont le plus souvent l'affaire de gens qui ne sont pas de la partie, qui n'y connaissent rien et qui prennent des positions sur des questions qu'ils ne connaissent pas, à partir d'a priori extra-scientifiques. À partir de là, on peut naturellement dire n'importe quoi et nier n'importer quoi.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff6600; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;◘&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt; Suite à la parution de l'ouvrage de l'archéologue britannique, Colin Renfrew, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;L'Énigme indo-européenne&lt;/em&gt;, qui minimise l'apport de Georges Dumézil et ne tient aucun compte de vos travaux ou de ceux de Jean Varenne, pouvez-vous nous faire part de vos réactions ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;• Je vous surprendrai peut-être en vous disant que c'est un ouvrage que j'ai beaucoup aimé et que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Qu'il tienne compte ou non des travaux de X ou de Y, n'a aucune espèce d'importance. S'agissant du travail d'un archéologue, il n'avait aucune raison de tenir comp­te de mes travaux qui n'ont jamais concerné l'archéologie. L'essentiel est le savoir si le modèle qu'il propose permet de rendre compte du phénomè­ne que les linguistes ont défini, celui de la parenté entre les langues indo-­européennes. Là, je doute qu'il y par­vienne, pour une raison très simple : si 'on identifie les Indo-Européens aux Danubiens, même en prolongeant vers l’est et en faisant venir ces Danubiens d'Anatolie, on les fait venir trop tôt vers l'Occident et on ne rend pas compte de leur migration vers l'est, ce qui est gênant. Le deuxième point est que le tableau que nous pouvons nous faire des Indo-Européens par leur tradi­tion, et d'abord par leur tradition for­mulaire, n'a strictement rien à voir avec ce peuple de paysans qui progres­seraient en mettant des terres en cultu­re. Nous avons au contraire l'image d'un peuple assez proche de ce qu'on appelle la société héroïque de l'âge du bronze, donc de quelque chose de rela­tivement récent. Ce n'est visiblement pas la vision du monde d'un peuple de paysans. Donc il y a là quelque chose qui ne va pas. Maintenant, rien ne dit qu'il n'y a pas eu plusieurs vagues d'indo-européanisation. Ce qui me ferait penser à une possibilité de ce genre, c'est que la tradition telle que je la définis est relativement peu repré­sentée dans le monde anatolien, juste­ment chez les Indo-Européens d'Asie mineure. Donc il n'est pas impossible qu'une migration venue d'Asie mineu­re ait constitué une première vague indo-européenne. Mais il y a eu forcé­ment quelque chose d'autre qui s'est passé après pour rendre compte des faits que les linguistes observent. Et enfin le troisième point, celui qui me gêne le plus, c'est le refus de tenir compte des indications du vocabulaire. Parce que le vocabulaire appartient à la langue, il n'y a pas de raison de tenir compte de la grammaire pour attester la parenté des langues et ensuite de refuser les témoignages du vocabulaire quand il contient des indications qui vous gênent. Comme par exemple, quand on y trouve le nom du cheval et que l'on fait venir les Indo-Européens d'une région où le cheval a été intro­duit beaucoup plus tard. Là, l'auteur ne joue plus le jeu.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff6600; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;• Propos recueillis par Christophe Verneuil&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff6600; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-no-proof: yes;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Entretien paru dans &quot;Le Choc du mois&quot;, n°38, mars 1991.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 10.8pt; text-align: left; tab-stops: 57.6pt 122.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 10.8pt; text-align: left; tab-stops: 57.6pt 122.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;(1) &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.2pt;&quot;&gt;L'Énigme indo-européenne&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.2pt;&quot;&gt;, &lt;/span&gt;par Colin Renfrew, Flammarion, 400 pages, 160 F.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: 10.8pt; text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #c0c0c0; font-family: trebuchet ms,geneva;&quot;&gt;(2) Étude de la phonétique à travers sa fonction dans la langue.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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